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FATMA - Commémoration de l'abolition de l'esclavage
Cette année encore, Mayotte commémore l'abolition de l'esclavage, parallèlement au Fatma, le festival dédié aux arts traditionnels locaux. Cette année la manifestation prend une autre dimension, s'inscrivant dans la problématique de la mémoire d'un peuple à travers son patrimoine culturel.
En plus des nombreux spectacles qui se déroulent depuis le week-end dernier et jusqu'au 30 avril, un Jardin de la mémoire éveillera les passants dès le 27 avril. Un temps pour la mémoire collective s'impose…
Le mois d'avril est marqué à Mayotte par la commémoration de l'abolition de l'esclavage, célébrée le 27avril. A cette occasion, un festival montrant l'héritage et le patrimoine du peuple mahorais est organisé. Son appellation est depuis 2008 le Fatma, Festival des arts traditionnels de Mayotte. Le Fatma rime parfaitement avec la commémoration de l'abolition de l'esclavage. Montrant les apports culturels d'avant et après la traite négrière, il apporte des éléments concrets et vivants sur ce sujet, une meilleure conception du sens de la commémoration. Le Fatma met en évidence les grandes traditions héritées des appartenances africaine, musulmane, animiste et malgache qui constituent "l'âme métisse" du peuple mahorais. Les composants de ce passé riche et pluriséculaire sont nombreux à Mayotte et méritent d'être connus. Ce sont les chants religieux, les danses traditionnelles, les cérémonies cultuelles, les objets artisanaux, les instruments musicaux, etc. Le Fatma ce sont dix jours de fête et de réflexion autour du patrimoine historique de l'île et de sa région.
Un jardin de la mémoire à Mamoudzou
Un fait à la fois historique et commémoratif, la "Route de l'esclave" passe par Mayotte. Pensé en 1993 et lancé officiellement en 1994 par La Chaire de l'Unesco en relation avec l'association Historun, la "Route des esclaves" a permis le lancement de réseaux scientifiques relatifs à la traite négrière et à l'esclavage dans notre région. Après la conférence du 27 avril, viendra ensuite l'inauguration du "Jardin de la mémoire", à 18 heures, sur la place du Marché de Mamoudzou. Des jardins, de grandeurs commensurables, sont instaurés dans les îles de la région océan Indien, à Madgascar depuis 2004, à la Réunion (2005), au Mozambique (2007) et Maurice (2009). Le projet Jardin de la mémoire s'articule autour de trois objectifs. Il vient "briser le silence sur la tragédie de la Traite négrière et de l'esclavage en contribuant à meilleure compréhension des causes profondes, de ses enjeux et de ses modalités d'opération par des travaux scientifiques pluridisciplinaires”. Ensuite "mettre en lumière de manière objective ses conséquences sur les sociétés modernes notamment les transformations globales et les interactions culturelles ntre les peuples que cette tragédie a pu générer". Et enfin "contribuer à la culture de la paix et à la coexistence pacifique entre les peuples en favorisant notamment la réflexion sur le pluralisme culturel, la construction de nouvelles identités et citoyennetés et sur le dialogue interculturel." Le Jardin de la mémoire de Mayotte est réalisé par quatre sculpteurs : Daolaine Courtis de la Réunion, leMozambicain Pekiwa, Rabemanenjara de Madagascar et le Mahorais Conflit.
Source : Tounda |