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Grenelle de l'environnement - L'avenir avec le lagon
Après la grande phase de recueil des propositions du mois d'octobre, à laquelle Mayotte avait participé en envoyant 20 propositions pour l'amélioration de l'environnement dans l'île, le Grenelle de l'environnement est maintenant en phase opérationnelle.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a annoncé l'installation du comité opérationnel Outremer le 6 février dernier.
"Vers un Outremer exemplaire", c'est l'objectif du Grenelle de l'environnement pour les Dom Tom. L’enjeu : conjuguer la protection d’un patrimoine naturel exceptionnel et le développement économique de cette région. Présidé par Nassimah Dindar, présidente du conseil régional de la Réunion, le comité opérationnel a pour objectif de mettre en application les engagements du Grenelle. Composé de 26 membres, dont trois députés d’Outremer, les présidents des conseils généraux de Guadeloupe et de Guyane et deux chefs de projet, Philippe Leyssene, pour le secrétariat à l’Outremer, et Colin Niel, pour le ministère du Développement durable, le comité doit travailler sur l'application des mesures au niveau législatif et réglementaire et formuler des propositions concrètes.
Lors de l'installation officielle du comité opérationnel, Christian Estrosi a rappelé que "l'Outremer français représente une part prépondérante de la biodiversité française." Les deux ministres ont insisté sur l'apport pour la métropole du savoir-faire de l'Outremer, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et de l'opportunité unique de développer une économie ultramarine en devenant une vitrine technologique française exportable dans le monde.
Pour la mise en place des propositions retenues pour Mayotte, la Daf sera l'interlocuteur du comité opérationnel, qui doit élaborer les premières mesures législatives pour le 15 mars. Une grande partie des propositions formulées en octobre font parties des actions prévues, comme la mise à l'étude d'un parc marin qui est lancée, un renforcement de l'application de la réglementation déjà au programme, de même pour le développement de la connaissance scientifique.
L'Outremer, une réelle richesse, vitrine de l'Europe
L'Outremer français représente 97% de la superficie des eaux maritimes françaises, plus de la moitié des espèces de cétacés et pinnipèdes (phoques, otaries, morses…) existants vit, se nourrit ou migre dans cet espace maritime, de même que 98% des vertébrés (380 espèces) et 96% des plantes vasculaires (3.450 espèces). On y trouve 100 fois plus de poissons d’eau douce, 60 fois plus d’oiseaux, 26 fois plus de plantes et 3,5 fois plus de mollusques endémiques qu'en métropole, il regroupe 14 des 17 éco-régions françaises et l’un des 15 derniers grands massifs de forêt tropicale non encore fragmentés par les activités humaines avec la forêt guyanaise.
La France possède également le premier lagon et la deuxième barrière récifale du monde en Nouvelle-Calédonie. "La protection de cette biodiversité nécessite impérativement une protection des milieux marins ou terrestres. Pour autant, on ne peut sanctuariser à l’extrême et rejeter toute idée de développement économique pour l’Outremer", annonce le plan pour l'Outremer en introduction. Un constat qui a conduit naturellement à retenir trois orientations majeures de protection de l’environnement dans le cadre d’un développement durable : la prise en compte des risques naturels majeurs; la protection et valorisation de la biodiversité; et la réalisation d’infrastructures éco-durables.
Pour ce faire, sept grands domaines stratégiques ont donc été retenus pour les collectivités d'Outremer : l'énergie, les déchets, les risques naturels, la gestion des ressources naturelles et de la biodiversité, le domaine de l'eau et des pollutions, le domaine de la santé et le domaine de la gouvernance. Un 8ème thème, les activités extractives, concerne uniquement la Guyane et la Nouvelle-Calédonie. Ces 7 thèmes rejoignent les thèmes de réflexion définis lors de la récolte de propositions.
Source : Mayotte Hebdo |