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Ambiance : Retour des hadjs
Une préparation pendant plusieurs jours, où chaque détail compte, une mobilisation de la famille, des amis, et une attente interminable pour, au retour de ce grand voyage, une joie infinie et des larmes, dans une grande ferveur.
C'est ce qui est réservé aux familles des hadjs devant l'aéroport, à l'arrivée de la barge de Mamoudzou pour les Grands-Terriens, et plus généralement dans tous les foyers qui attendent le retour de leurs proches de la Mecque.
Fin d'après-midi. Les visages très marqués par la fatigue, et la jubilation en même temps, pour avoir accompli le cinquième pilier de l'Islam : les hadjs mahorais ont fusionné les émotions. Bien plus tôt dans la journée, dès 6h, 5h, voire 4h du matin, les familles se sont levées, prêtes à préparer ce grand jour de fête. Un parent ou un proche arrive de la Mecque après y avoir séjourné plusieurs semaines.
Sous les chants religieux d'un poste radio, les dames préparent les gâteaux, tandis que les hommes, d'un autre côté, entament les premières implorations : "nous prions en espérant que le voyage se passe sans incident et qu'ils (les pèlerins, ndlr) puissent arriver en bonne santé", explique un villageois nordiste. Pour l'accueil, il y a les prières, les gâteaux, les chants religieux (m'biwi, déba, dahira…), mais aussi la voiture !
Décorés comme jamais, les véhicules impressionnent. Certains des chauffeurs n'hésitent pas à mettre tout ce qui peut leur passer par la main à la maison, avant de rejoindre Pamandzi, et l'aéroport : "nous avons mis des guirlandes de toutes les couleurs un peu partout autour de la voiture qui nous ont servi à décorer la maison pour Noël, des draps blancs pour les sièges et de grands morceaux de tissus avec des versets de Coran", détaille un Petit Terrien, chargé par un ami de ramener le papa à M'ronabéja, village du sud de Mayotte.
Le cortège d'automobiles, au ralenti et aux klaxons déchaînés, attire l'attention de la population à chaque village traversé. Heureux et impatients, une mauvaise surprise attend les hôtes. Prévu pour 8h, l'avion n'arrivera finalement qu'à 15h... Plus de sept heures d'attente sous le soleil de plomb - bien connu - de l'île. "De nombreux facteurs ont provoqué ce retard et nous ne pouvions l'empêcher, car ce n'était tout simplement pas de notre ressort", affirme le directeur de Rogers Aviation, Salim Aniff Mohungoo en déposant pied à Mayotte.
Effectivement, Rogers Aviation, le représentant des agences de voyages d'Air Seychelles, d'Air Mauritius ou encore de Kenya Airways ne pouvait que se plier aux conformités de Djeddah, extrêmement strictes sur la sécurité, les bagages et l'immigration.
22 heures de patience entre l'aéroport saoudien et mahorais ! Pour au final une joie démesurée des familles, comme des pèlerins, de se retrouver. Les pleurs, autant chez les femmes que chez les hommes, ne manquent pas : "il y a beaucoup de personnes qui perdent la vie là-bas, surtout à cette période. Nous, nous sommes revenus sains et saufs, nous sommes tellement heureux !", conclut en larmes un pèlerin de plus de soixante ans.
Comme lui, les voyageurs seront vivement félicités dans la soirée et les jours suivants par les villageois, pour avoir accompli ce périlleux et prestigieux pèlerinage.
Source: Mayotte Hebdo |