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Le Guide des oiseaux de Mayotte

Drômes aréoles sur le platier 127 espèces en images

L'association des Naturalistes de Mayotte sort ce mois ci un guide consacré aux oiseaux qui répertorie en photos les 127 espèces recensées dans l'île. Cet ouvrage réalisé par des passionnés devrait être le premier d'une série de guides naturalistes, qui ont vocation à étendre au plus grand nombre la connaissance de la biodiversité mahoraise.

 

En couverture, un bel oiseau à tête verte et poitrine jaune, le souïmanga de Mayotte. Ce petit passereau, sédentaire et nicheur, fait partie des espèces endémiques de l'île, qui se partagent notre ciel avec les migrateurs réguliers et occasionnels. En 256 pages et au moins autant de photos, le guide des oiseaux de Mayotte met à disposition toutes les connaissances actuelles sur l'avifaune de l'île. Presque toutes : depuis la sortie du livre, une 128e espèce a été découverte !

Après le petit guide de la faune et de la flore, sorti en 2004 et aujourd'hui presque épuisé, qui consacrait seulement 18 pages aux oiseaux, l'association se lance avec cet ouvrage dans une série de véritables guides naturalistes. Tout comme la revue, ils ont vocation à mettre à la portée du plus grand nombre la connaissance du patrimoine naturel mahorais, connaissance qui est la base de toute opération de sensibilisation et de préservation.

"Il n'y avait pas de matière sur l'avifaune locale et régionale," explique Michel Clément, l'un des trois auteurs du guide et responsable de la section ornithologie de l'association, "nous avons rassemblé les travaux de chacun en vue de faire un numéro spécial d'Univers Maore sur les oiseaux, finalement nous avons opté pour un guide, qui donne un aperçu complet de ce qui a été observé ici ou traité dans des données naturalistes."

 

Mayotte a un rôle dans la préservation de certains oiseaux

 

La réalisation de ce bel ouvrage, dont les deux autres auteurs sont Philippe de Grissac, ancien secrétaire général de la Ligue de protection des oiseaux et Robin Rolland, ingénieur écologue ancien chef du service environnement de la Daf Mayotte, n'a été possible que par de nombreuses pré-commandes. Le conseil général, la préfecture, le Conservatoire du littoral, l'ONCFS, la LPO et le Comité du tourisme ont ainsi participé financièrement à l'édition du guide, tiré à 4.000 exemplaires et vendu au prix de 20€. "C'est la première fois que la LPO finance un ouvrage, précise Philippe de Grissac, ce qui démontre le nouvel intérêt de la métropole pour la biodiversité Outremer."

Mayotte a d'ailleurs un rôle à jouer dans la préservation de certaines espèces. En exemple le héron de Humblot, endémique de Madagascar, est classé en danger sur la liste rouge de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), il a migré dans les Comores, notamment Mayotte.

 

Source : Mayotte hebdo

 


 

Quelques espèces répertoriées ...

Le drongo de Mayotte Le drongo de Mayotte (En latin : Dicrurus waldenii - En shimaore : Marimundu ("Marie noire"))

Le drongo de Mayotte est une espèce endémique caractéristique des forêts mahoraises. Peu d'informations existaient sur cette espèce jusqu'à récemment, provenant principalement de la description de quelques contenus de nids et d'observations sporadiques. Considérée comme très rare et menacée par la déforestation sévissant à Mayotte au cours des dernières décennies, cette espèce mal connue a alors été classée "En danger critique d'extinction".

Dans le cadre de deux études ornithologiques financées par la Daf, des recherches spécifiques sur le drongo de Mayotte ont été menées afin de préciser son statut, sa biologie et son écologie. La recherche et le suivi d'une trentaine de nids et de leurs nichées, les observations réalisées lors de 507 points-relevés de dix minutes dans les forêts et mangroves de Mayotte, entre octobre et avril, ont permis de combler bon nombre de lacunes.

Cet oiseau forestier se rencontre dans les forêts secondaires, en bordure des cultures et jusque dans certains lotissements. Il fréquente parfois les abords de la mangrove. Il se nourrit de gros insectes et chasse à l'affût dans les sous bois, il peut descendre jusqu'à terre pour capturer ses proies.

 

Le souïmanga de Mayotte Le souïmanga de Mayotte (En latin : Nectarinia coquerellii - En shimaore : Mwanatse)

Cette espèce endémique de Mayotte qui appartient aux nectarinidés est présente partout avec des densités variables. C'est un des oiseaux les plus communs de Mayotte. Présent en Afrique, à Madagascar, en Asie et même en Australie, il est assez proche du colibri mais diffère dans les adaptations morphologiques. Le mâle a la poitrine jaune vif avec, au centre, une tache rouge qui contraste avec la tête, le cou et le dos bleu-vert sombre aux reflets métalliques.

La femelle, gris-brun terne sur le dos et la queue, a le ventre jaune pâle, la gorge et la poitrine gris blanchâtre, finement striées. Le juvénile ressemble à la femelle, avec un bec plus court. Sédentaire et nicheur, il est abondant et peu menacé mais présente une forte valeur patrimoniale.

 

L'effraie des clochers L'effraie des clochers (En latin : Tyto alba - En shimaore : Bouindryajoma)

Ce rapace nocturne est présent dans les cinq continents, il en existe 35 sous espèces, différentes au niveau de la taille et la couleur. A Mayotte, elles s'installent dans les cavités des grands arbres et dans les trous des falaises côtières. On a trouvé tout récemment des oisillons dans le faux plafond d'une habitation. Des nichoirs ont été installés à l'initiative des Naturalistes pour favoriser sa reproduction et ainsi limiter le nombre de rats, qui composent l'essentiel de son régime alimentaire. Suivant sa taille, une chouette peut manger entre 400 et 2.000 proies par an.

 
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