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Les hydraires, la richesse inconnue du lagon

Banc d'anthias sur fond d'hydraires et d'alcyonaires Les plongeurs connaissent surtout ces espèces de grandes plantes vertes, pour leur caractère urticant. Les hydraires, comme les coraux, sont en fait des animaux et se présentent sous des aspects très différents, avec une multitude de couleurs exubérantes. Le lagon de Mayotte est une des zones les plus riches de l'océan Indien.

 

Les hydraires sont des animaux invertébrés, appartenant à l'embranchement des cnidaires, comme les coraux, les anémones de mer et les gorgones. Ces animaux marins, que l'on rencontre dans toutes les mers et océans du globe, depuis la surface jusqu'aux abysses, se présentent sous deux formes. La majorité des espèces ont un squelette chitineux et flexible, les autres, les millepores, ont un squelette externe calcaire et rigide comme les coraux, ils sont d'ailleurs aussi appelés "coraux de feu".

 

Espèce pionnière, les hydraires colonisent tous les espaces vides, y compris les bouées et piliers de ponton La surface du squelette est colonisée par des polypes, petites excroissances surmontées de tentacules qui servent à attraper le plancton dont se nourri le polype, et qui sont parsemées de cellules urticantes. Des polypes qui servent également à la reproduction qui n'est pas banale : ils émettent des méduses, mâles et femelles, dont la fusion donne naissance à une larve, qui se fixe quelque part pour donner naissance à une nouvelle colonie. De cette façon, les hydraires colonisent de nombreux espaces dans un très large rayon d'action. Elles sont souvent des espèces pionnières et c'est ainsi qu'on en trouve tout le long des cordes d'amarrage, ou encore des piliers de pontons.

"Parent pauvre" de toutes les espèces de cnidaires, les hydraires intéressent néanmoins certains chercheurs, dont Nicole Gravier-Bonnet, docteur en océanographie, et Chloé Bourmaud, toutes deux chercheurs au laboratoire d'écologie marine de l'Université de la Réunion. Depuis 2006, les deux femmes se sont rendues à Mayotte lors de trois missions en collaboration avec Julien Wickel et Hendrik Sauvignet, des bureaux d'études Lagonia et Ocean-Obs.

 

Appelées coraux de  feu, certaines espèces d'hydraires sont à squelette calcaire et  ressemblent aux coraux.  Photos : Julien Wickel et Hendrik Sauvignet Après deux missions sur les côtes Est de l'île en 2006 et 2007 – passe en S, passe Bandrélé, Sazilé,…-, l'équipe a posé son laboratoire à la Baie des Tortues du 28 novembre au 10 décembre 2009 pour explorer la côte Ouest, sur les passes bateau, Bouéni, Sada, Bambo et les îlots Choisil. Principale observation faite dès la première mission : le lagon de Mayotte est un véritable sanctuaire d'hydraires.

 

 

Pendant 10 jours, l'équipe de plongeurs a récolté des spécimens dans une zone allant de 5 à 40 mètres de profondeur, tandis que Nicole Gravier-Bonnet faisait de même sur les platiers récifaux. Prélevés à la main ou au marteau-burin pour les espèces calcaires – toujours de petits échantillons – les spécimens sont ensuite étudiés une première fois au labo installé dans leur gîte, et le seront davantage au laboratoire de la Réunion.

"Mayotte possède une richesse extraordinaire, en Polynésie il n'y a pas une seule grande espèce, les hydraires sont invisibles, alors que ce qui frappe immédiatement ici, c'est l'exubérance." Une exubérance qui se retrouve dans les chiffres : lors de la première mission qui a duré 4 jours, l'équipe a recensé 90 espèces. Un chiffre passé à 120 après la mission de 2007 et à au moins 154 aujourd'hui. "En 30 ans d'études à la Réunion, nous avons recensé 160 espèces", annonce Nicole afin de mesurer l'ampleur du phénomène. La chercheuse envisage même de proposer d'organiser le prochain congrès de l'Hydrozoan society, en 2010, à Mayotte afin de partager son enthousiasme avec ses pairs.

 

Source : Mayotte Hebdo
 
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