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Baleines à bosse : un patrimoine exceptionnel à sauvegarder

Baleine à bosse Comme chaque année à Mayotte, la saison des baleines bat son plein de juillet à octobre. Les amateurs de grands cétacés vont pouvoir s'en donner à cœur joie pour cette nouvelle saison qui s'annonce riche en observations.

 

 

Il convient cependant de respecter les règles d'approche, pour déranger le moins possible les mammifères marins, et l'idéal est de s'embarquer avec les professionnels des sorties en mer, qui sont les plus à même de comprendre leur comportement. Petit tour d'horizon.

La baleine à bosse, qui tire son nom de sa grande nageoire dorsale, est un mammifère marin de 15 tonnes qui vient des eaux froides de l'Antarctique pour se reproduire au Nord du lagon de Mayotte. Les mères viennent également mettre bas et protéger leur baleineau (plus d'une tonne à la naissance après une gestation de 11 mois), à l'abri de la barrière de corail du Sud-Est. De manière très occasionnelle, on peut également observer à Mayotte une autre espèce : la baleine à bec de Blainville.

Les baleines à bosse font partie des plus gros mammifères marins du monde et leur taille est très impressionnante : les adultes mâles mesurent en moyenne 15 mètres de long et les femelles peuvent aller jusqu'à 20 mètres. Avec des nageoires pectorales de 4 mètres de long, ces animaux ont 12 mètres d'envergure… Ce sont les sauts des jeunes mâles qui paradent et tapent la surface avec leur nageoire caudale et les petits geysers créés par le souffle puissant des mères près de leur baleineau qui permet de repérer les cétacés dans et autour du lagon.

"En juillet, on peut observer les groupes les plus actifs et les accouplements au Nord du lagon. C'est plutôt à partir du mois d'août que l'on peut voir les mères qui mettent bas et qui restent dans les hauts fonds du lagon, notamment dans le banc corallien de l'Iris, ou sur la pente extérieure de la barrière avec leur baleineau, pour se protéger des prédateurs", explique Denis Favre, de l'entreprise Lagon Aventure. Comme ses collègues, il précise qu'il est toujours mieux de partir en mer avec des professionnels car ils ont plus l'habitude de les approcher et de comprendre leur comportement.

 

Des animaux encore très peu étudiés

 

Baleine à bosse et son petit Yannick Stephan, de l'entreprise Mayotte Découverte, précise qu'il faut prendre son temps pour approcher les cétacés à la rame, moteur éteint, surtout avec les mères et leur baleineau : "Ca ne sert à rien de les poursuivre pendant des heures, le bébé finit sinon par se noyer car il n'a pas beaucoup d'apnée, contrairement aux adultes qui peuvent rester jusqu'à 45 minutes sous l'eau. Il faut les laisser venir car les bruits portent beaucoup sous l'eau : pour les mettre en confiance, il ne faut pas faire de brusques accélérations".

Les baleines à bosse sont des animaux encore très peu étudiés et leurs migrations sont encore assez méconnues, car on ne peut pas les baguer comme les tortues. Depuis trois ans, l'entreprise Sea Blue Safari collecte des données pour l'association Megaptera : espèce rencontrée, nombre d'individus, position GPS, comportement, et si possible photographie de l'arrière de la nageoire caudale, qui est unique à chaque baleine et permet son identification.

Ces photos permettent ensuite de comparer les données récoltées avec le catalogue de Mayotte et même avec ceux de tous les pays de la zone où on peut également les observer : Comores, Madagascar, Mozambique et Afrique du Sud. Cette année, les trois bateaux de Sea Blue Safari vont embarquer des éco-volontaires pour sensibiliser les clients sur la protection des baleines, collecter les données et les traiter. L'année dernière, ont ainsi été dénombrés 372 individus : 234 mères baleineau, 117 binômes, 22 adultes solitaires et 9 mères baleineau avec escorte. "C'est vraiment un engagement personnel. On le fait parce qu'on est passionné", explique Nils Bertrand, qui est intervenu cette année dans 4 collèges pour sensibiliser 120 élèves.

 

Observer les baleines sans les déranger

 

Baleine à bosse Denis Favre participe également à ce travail de collecte de données : "A force de faire des identifications, d'ici quelques années on pourra mieux comprendre leurs migrations, comme on l'a fait pour les tortues. On comprendra pourquoi, quand elles arrivent ici, elles viennent vers Petite Terre avant de rentrer par les passes, puis partent toujours plein Nord quand elles quittent l'Iris".

Les visites des baleines à bosse à Mayotte sont un patrimoine exceptionnel qui génère une activité économique pour les professionnels, mais qu'il convient de sauvegarder. Pour Yannick Stephan, "il y a déjà trop d'opérateurs pour la quantité de baleines ici : quand on sait qu'un bébé doit prendre 50 kg par jour, il ne faut pas que 10 bateaux le suivent en permanence toute la journée".

Les pouvoirs publics ne s'y sont pas trompés : depuis trois ans, la charte d'approche des baleines à bosse est devenue une réglementation contraignante, avec des règles à respecter aussi bien par les professionnels que par les plaisanciers. Mais avec l'augmentation du nombre de bateaux, les contrôles sont de plus en plus difficiles… C'est avant tout aux citoyens de faire preuve de respect envers les cétacés, aussi bien dans l'approche que dans la mise à l'eau, pour que les générations futures puissent elles aussi apprécier le spectacle.

 

Source : Mayotte Hebdo
 
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