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Dans le creux des vagues

Surf, bodyboard & skimboard : Dans le creux des vagues Surf, bodyboard & skimboard
Pratiqué largement à la Réunion, aux Antilles et en Polynésie, le surf à Mayotte en est encore à ses débuts. Sous l'impulsion de la très active association Wami venza maluja ("Moi, j'aime les vagues") créée en février 2007, ce sport se démocratise petit à petit grâce à des opérations comme les Surfing days.

 

Même si les grosses vagues ne sont pas légion sur notre île, les jeunes Mahorais sont de plus en plus initiés au skimboard ou au bodyboard, pour s'adonner aux joies de la glisse en toute sécurité.

"J'ai passé des moments inoubliables à Mayotte. Que tu sois allongé ou debout, dans un tube, tu oublies tous tes problèmes : c'est le meilleur endroit du monde !" Sébastien, qui vient de la Réunion et fait du surf et du bodyboard depuis 10 ans, a été le premier président de l'association. Il est aujourd'hui en train de répertorier tous les meilleurs spots de l'île et du lagon : les deux plages de Moya bien sûr, mais aussi celles de Chembenyoumba et Sakouli quand il y a une grosse houle, autour des îlots et le long de la barrière.

A Moya, les vagues font en général 80 cm, ce qui en fait un site idéal pour apprendre car il n'y a pas beaucoup de courant. Sur la barrière, les vagues peuvent parfois atteindre près de 2 mètres : il n'y aurait qu'une dizaine de surfeurs, sur la quarantaine présents à Mayotte, qui arrivent à les chevaucher. Mais il y a rarement de grosses vagues à Mayotte et "il faut vraiment être mort de faim", comme le souligne Aurélien, qui surfe ici depuis 3 ans. "Pour les gros tubes de 6 mètres, il faut aller à la Réunion ou à Mada".

 

Une vraie sensation de vitesse

 

Surf, bodyboard  & skimboard : Dans le creux des vagues Mayotte est par contre l'endroit idéal pour débuter. Brice, qui vient de la Réunion et fait du surf depuis 20 ans, a participé à une dizaine de championnat de France en bodyboard et à quelques compétitions internationales, notamment à Hawaï en 1999. Grâce à sa formation en Staps et son brevet fédéral de surf, il initie les jeunes à ce sport en tant que bénévole de l'association, pendant les Surfing days organisés tous les ans ou au cours de la première Maoré skim cup qui a eu lieu le 7 décembre dernier.

Ce champion de bodyboard affirme qu'il suffit de 2 heures pour apprendre à se mettre debout sur une planche, à condition d'être bon nageur et à l'aise dans l'eau. "Il y a une vraie sensation de vitesse. Quand on se met debout sur l'eau, on a l'impression de maîtriser cet élément instable : c'est un vrai plaisir !", s'enthousiasme-t-il. A défaut d'être debout sur la planche, le bodyboard est également un moyen de s'initier rapidement.

 

8 planches à disposition pour apprendre

 

Surf, bodyboard  & skimboard : Dans le creux des vagues Aujourd'hui, 4 planches appartiennent à l'association, et 4 autres en mousse "spécial débutant", les mêmes que dans les écoles de surf, doivent arriver très prochainement par bateau, grâce à des partenariats avec des entreprises privées et le soutien de la mairie de Pamandzi. Le but premier de l'association était d'initier les jeunes Mahorais à la pratique du surf, "un sport qui n'est pas facile à apprendre tout seul : il faut savoir s'entourer et y aller progressivement", explique Sébastien.

Mais "les spots sont très aléatoires ici, ils peuvent changer d'un jour sur l'autre, en fonction des marées, de la direction du vent et de la taille de la houle", précise Christophe, qui surfe depuis un an, après 4 ans de bodyboard en Méditerranée. C'est pourquoi l'association s'est peu à peu tournée vers le skimboard, une fine planche qui permet de glisser sur quelques centimètres d'eau, beaucoup plus accessible aux néophytes.

Une trentaine de skimboards ont été fabriquées par Yann, dont une vingtaine a été donnée aux enfants lors du dernier Surfing day. Trois planches sont actuellement en dépôt dans un douka de la place du Marché des Décasés à Pamandzi, que les enfants peuvent emprunter à la journée. "Si les planches ne sont pas dégradées, on en mettra aussi en dépôt à Chembenyoumba et Bouéni", assure Christophe. Un quart d'heure de pratique suffit pour apprendre à glisser et les plus expérimentés parviennent à faire des figures en attaquant les vagues qui arrivent sur le rivage.

 

Jouer avec les éléments naturels

 

Mais rien ne remplace le surf, quand on est passionné, comme c'est le cas d'Hélène qui fait partie des très rares filles qui pratiquent cette activité à Mayotte : "C'est un moment où on arrête de penser. C'est très agréable d'arriver à glisser, à jouer avec les éléments naturels". Un sport de pleine nature qui n'est pas sans risque quand on s'aventure sur la barrière : "Il n'y a pas d'attaques de requin, mais il faut faire attention aux patates de corail à marée basse", prévient-elle. Sur la barrière, les surfeurs croisent des tortues, des dauphins ou des poissons volants, sans les déranger…

Même si les spots sont rarement bondés, il convient de respecter certaines règles de priorité, que nous rappelle Aurélien : "Celui qui est le plus près du "curl", la zone de déferlement, est prioritaire car il a pris la vague au début. Pour remonter, il faut aussi éviter celui qui est sur la vague, en allant dans le sens opposé".

Pour tous ceux qui rêvent d'imiter les professionnels qui inondent le monde de leurs clips vidéo, il ne reste plus qu'à se jeter à l'eau…

 

Source : Mayotte Hebdo
 
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