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Quatre visites d’immersion dans l’histoire de l’île

Quatre visites d’immersion dans l’histoire de l’île A la recherche des plantations sucrières - L’art du sel de Bandrélé érigé en écomusée - La mosquée de Tsingoni  et les tombeaux shiraziens - La Résidence de Gustave Eiffel, joyau d’architecture coloniale

 

 

 

 

A la recherche des plantations sucrières

Dans sept villages, des vestiges témoignent de l’aventure du sucre à Mayotte :  Dzoumogné, Combani, Hajangoua, Soulou, Dembéni, Miréréni et Kawéni. Laissez-vous conter leur histoire, passionnante…

Dzoumogné (1 000 hectares) est la dernière à avoir cessé ses activités, en 1955. On y contemple une superbe cheminée à plan carré, une machine à vapeur mobile, plusieurs rouleaux de moulin à canne...

Hajangoua est l’un des plus anciens domaines, créé en 1851 par un capitaine au long cours qui a abandonné sa goélette pour se consacrer à la canne ! Sont encore visibles, sur la route entre Dembéni et Bandrélé,  trois chaudières, un moteur à vapeur, trois cheminées… Sur le site de Dembéni, ayant appartenu comme celui de Kawéni à la Société des Comores, créée par des Nantais, subsistent également des empreintes de la brève épopée sucrière de l’île.

 

Petite histoire de la canne à sucre à Mayotte

« La canne à sucre était encore, au milieu du XXème siècle, source de fortune, même si la concurrence de la betterave se profilait déjà. A Mayotte, ce sont des propriétaires  réunionnais et des négociants nantais qui se sont lancés dans l’aventure de l’industrie sucrière. Elle durera une soixantaine d’années, de 1840 à 1898.  876 personnes travaillaient dans les plantations en 1856, 3 606 en 1868. Le déclin a débuté dans les années 1880 et s’est achevé brutalement  en 1898, avec un cyclone qui a précipité la fermeture de la plupart des usines. Sauf celles de Combani et de Dzoumogné.»

 

 

L’art du sel de Bandrélé érigé en écomusée

Découvrez une technique ancestrale et surprenante de fabrication du sel, sous les cocotiers, le long de la mangrove de Bandrélé.  Partez à la rencontre des « mama shingo (shingo signifie sel en mahorais).
Elles vous expliqueront chaque étape de la fabrication de ce sel artisanal, naturel et au goût unique : le ramassage sur le sol du limon chargé de sel après la marée ; la confection des monticules de limon à l’aide d’une noix de coco coupée en deux ; la filtration qui consiste à placer le limon dans des bassines trouées colmatées d’un sac de riz et à l’arroser d’eau de mer pour obtenir un liquide fortement concentré en sel ; et enfin, l’évaporation pendant laquelle  le liquide est mis à chauffer dans de grands bacs rectangulaires, régulièrement remué. Un liquide qui va donc s’évaporer peu à peu pour déposer dans le bac un sel d’une blancheur étonnante, prêt à être conditionné en petits sacs proposés à la vente dans la jolie maison du musée. Dans celui-ci, géré par l’association ANPCBA, vous trouverez, sur des panneaux clairs et précis, l’explication de tout ce processus de fabrication traditionnelle.

Visite sur rendez-vous et en fonction de la météo de 9 h à 17h.

 

La mosquée de Tsingoni  et les tombeaux shiraziens

La mosquée de Tsingoni, vraisemblablement construite au XVIème siècle par le sultan Issa, est le plus beau site archéologique sacré de Mayotte. Elle aussi la première mosquée en pierre de l'île.
Mais la beauté de la mosquée vient de l’association entre la partie ancienne, d’une simplicité émouvante, et son minaret spectaculaire, réalisé à partir de 1986 en même temps que la réfection du monument. Une inscription arabe scellée dans le mihrab, niche orientée vers la Mecque, porte la date 944 de l'Hégire qui correspond à  l’année 1566.
A quelques mètres du lieu de culte, vous admirerez deux  sépultures de Shiraziens, ces sultans arabes qui ont introduit l'Islam à Mayotte. Datées de la fin du XVIe siècle, elles s'apparentent aux lieux d’inhumation à dôme de l'archipel de Lamu, au Kenya.

 

 

La Résidence de Gustave Eiffel, joyau d’architecture coloniale

Petite-Terre - et le rocher de Dzaoudzi - fut la capitale de l'archipel des Comores jusqu'en 1966, quelques années avant  la séparation de Mayotte du reste des Comores. C’est la raison pour laquelle elle possède des vestiges architecturaux de type colonial uniques.
Le plus spectaculaire de ces monuments de mémoire est l'ancienne Préfecture, construite en 1881 sur des plans de Gustave Eiffel : un bijou d'architecture métallique, niché dans un joli parc arboré, à mi-chemin entre les deux débarcadères des barges. Près de ce site chargé d’histoire se visite une très jolie chapelle.

Textes : Laurence DE SUZANNE
 
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