Une culture au carrefour de l’océan Indien

Ancrée dans son environnement régional, l’île a subi des influences
africaines, orientales, indiennes, européennes et malgaches.

 

 

Mayotte est au centre du canal du Mozambique ; de par son histoire, la population est en majorité de confession musulmane, de par ses choix politiques, elle est française. La plupart des traditions mêlent ainsi coutumes musulmanes et pratiques animistes ancestrales, à l’instar des cérémonies de rumbus, où l’on invoque les esprits (djinns ou trumba en kibushi) à travers des fundis souvent par le biais d’alcool et sur fond de musique très rythmée. La fabrication de gris-gris et leurs conséquences - positives ou négative - est encore largement pratiquée.
A contrario le mois de Ramadan et les fêtes religieuses telles que l’Aïd el fitr, l’Aïd el kébir et Maoulida sont sacrées. Mayotte est le parfait exemple qu’Islam et République sont totalement compatibles. Le 14 juillet, jour de fête nationale est l’occasion
pour la population de saluer les symboles de la République lors du défilé annuel. De même les notables religieux sont systématiquement associés aux cérémonies commémoratives nationales.
La population vit en harmonie sur un petit territoire où cohabitent mahorais, indiens, africains, malgaches et métropolitains. Les mélanges et le métissage se font naturellement et la pratique des langues est un parfait exemple des influences : le shimaoré, langue issue du swahili, a intégré des termes venus du français, de l’arabe, voire même de l’anglais et de l’italien.
La cohabitation du shimaoré et du kibushi illustre bien les liens étroits qui existent entre Madagascar et Mayotte. Si l’influence occidentale est omniprésente, plusieurs sociologues et linguistes locaux mènent un travail de recherche identitaire et cherchent à établir les bases de la « mahorité », entre religion, traditions et brassage ethnique.

Les tenues traditionnelles

La tenue traditionnelle des Mahoraises est le salouva, composé de trois pièces : le salouva en lui-même, une grande bande de tissus cousue et nouée au niveau de la poitrine, un t-shirt souvent près du corps appelé aussi « body », et un kishali, châle couvrant la chevelure ou posé sur l’épaule.
Il existe plusieurs type de salouva, porté selon les occasions : le salouva broderie, qui peut s’avérer très onéreux, est privilégié pour les cérémonies importantes. Tandis que le mégaline et le nambawane sont plus courants.
Avec le brassage de population, les tenues évoluent et la jeune génération tend à se défaire du salouva pour ne porter que nonchalamment un châle sur les cheveux ou les épaules. Le chiromani venu d’Anjouan,
composé d’une seule pièce de tissu, dans lequel la femme se drape, est également très courant et beaucoup de mariées privilégient le sari indien.
Le m’sinzano (pâte fabriquée à partir de bois de santal) est très courant pour se protéger du soleil. Il se porte en masque intégral ou en décorations délicates pour souligner les traits fins du visage. Pour les hommes, si la tenue quotidienne reste à la mode occidentale, le kandzu (boubou brodé) se porte pour toutes les occasions à caractère religieux, et notamment avec le djoho (manteau de velours brodé au fil d’or) lors des mariages.
Le kofia – petit chapeau – se porte aussi de manière très courante, au quotidien.

 

Les tenues traditionnelles

A Mayotte, la religion musulmane est présente dans tous les aspects de la vie. Les premières traces de l’islamisation de l’île remontent au 9e siècle après J-C et aujourd’hui, la majorité de la population de l’île la pratique.
Ainsi, avant le lever du soleil (entre 4 h 30 et 5 h), les hommes se rendent dans les mosquées (la plupart des habitations sont à moins de 10 minutes à pied d’un lieu de culte) pour y effectuer la première des cinq prières qui rythment la journée.

Les enfants se rendent dans les madrassas (écoles coraniques), avant ou après l’école républicaine laïque pour y recevoir un enseignement religieux. A Mayotte, l’islam n’est pas seulement une pratique religieuse, c’est un mode de vie. Tous les événements, petits et grands, sont accompagnés de pratiques religieuses.
Une invocation n’est jamais de trop pour s’attirer les grâces d’Allah, que vous partiez en voyage, que vous inauguriez votre maison, que vous organisiez un
mariage, que vous passiez un concours professionnel ou tout simplement que vous quittez votre domicile pour la journée. Ne soyez donc pas surpris d’entendre les Mahorais ponctuer leurs phrases par l’expression « Inch’Allah » ou son équivalent mahorais « Neka mungu a vendze » (si Dieu le veut) !
Pour se jouer du mauvais œil, certains enfants arborent autour de leur cou « un hirizi », un talisman dans lequel sont enfermés des versets du Coran et de nombreuses maisons ont au-dessus de leur porte d’entrée des feuilles de papier pliées sur lesquels figurent des prières de protection.
Mais comme Mayotte est une terre de métissage, l’islam mahorais cohabite parfaitement avec les autres pratiques religieuses. Il lui arrive même de se mélanger avec certaines d’entre elles. C’est le cas notamment de certaines cérémonies de désenvoûtement tel que le « roumbou », d’origine malgache ou encore les « ziara » (lieux de commémoration des ancêtres, pratique d’origine animiste).
Cette dimension omniprésente de l’islam est encore plus exacerbée lors du mois sacré de ramadan. Tout
est organisé pour que les croyants puissent vivre au mieux ce mois de fête. Les magasins et administrations décalent leurs horaires de fermeture pour laisser le temps aux familles de préparer le foutari (repas de rupture du jeûne).
Les activités profanes tels que les concerts ou les balades à la plage sont mis en suspens et la manifestation de la foi se concrétise par la reprise à haute voix des versets du Coran lors de la prière nocturne du « tarawihi ».

Un artisanat aux influences diverses

Impossible de revenir de voyage sans quelques souvenirs dans ses bagages.
S’il est ainsi relativement peu développé par rapport aux îles voisines, l’artisanat de Mayotte propose tout de même des objets emblématiques et incontournables, issu des diverses influences culturelles qu’a subi Mayotte : Moyen-Orient, Comores, Inde et Madagascar.

Tout d’abord on note le travail du bois comme la pirogue à balancier « laka », qui est encore utilisé par les pêcheurs traditionnels. Et si cet art se perd, on peut encore trouver quelques artisans creusant le tronc d’un badamier en bord de plage pour en faire une embarcation.
Le bois est également utilisé dans la fabrication d’ustensiles de cuisine, notamment pour les pilons et les mortiers qui servent également d’accessoire aux femmes lors du Wadaha (danse du mortier).La plupart des instruments de musique sont également élaboré à partir de bois, comme le ngoma (tambours) utilisé dans la plupart des rythmes traditionnels, le gabusi (guitare traditionnelle) ou encore le dzendze également appelé marimba, qui tend malheureusement à se perdre.
La vannerie est très répandue, et le tressage des arbres à longues feuilles est un savoir-faire qui se retrouve dans les objets du quotidien. Il est par exemple courant de trouver sur le bord des routes, ces grands paniers en feuille de cocotier qui servent à transporter du charbon ou le fruit des récoltes. Beaucoup de terrasses sont protégés du vis à vis par ces feuilles de coco tressées (Mtseve).
Le célèbre chapeau de Sada qui, avec ses longues tiges, protège la tête mais aussi le haut du corps contre les assauts du soleil est quant à lui fabriqué à partir de feuilles de phoenix (Mrandra). Le travail du raphia est également répandu, notamment dans la confection de paniers et sacs à main.
Le travail des bijoutiers est issu des traditions arabe et indienne. Etant donné l’importance du mariage traditionnel et notamment de la dot, le travail de l’or, par la technique du filigrane, est un trésor de l’île. Si là encore, la tradition perd du terrain, il existe encore des artisans bijoutiers renommés, notamment dans le village de Sada continuant à perpétuer la tradition. S’il est de coutume chez les femmes de transmettre les bijoux de génération en génération, certaines parures, très imposantes, sont remplacées par des bijoux plus discrets dont les formes rappellent les emblèmes de l’île : fleur d’ylang, dauphins ou carte de l’île...
La poterie est certainement le savoir-faire le plus délaissé. Seules quelques Cocos installées notamment dans le village de Sohoa (sud de l’île), sont encore gardiennes de ce savoir-faire ancestral. La poterie, dont les vestiges remontent aux temps anciens est faite à base de terre argileuse et de sable noir. Selon l’usage, elle est utilisée principalement dans la cuisine, notamment pour la cuisson traditionnelle des aliments.

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