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Un magnifique coucher de soleil qui survient juste apres le passage de grains orageux sur l'îlot de sable blanc de Saziley.

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Gaby Barathieu

Les résidents à Mayotte, un marché à fort potentiel encore largement sous-exploité

Dans un contexte où le secteur touristique de Mayotte cherche à diversifier ses moteurs de croissance après le passage du cyclone Chido, la relance du tourisme en passant par la clientèle de proximité apparaît comme une opportunité stratégique. Mais encore fallait-il comprendre les habitudes, les attentes et les freins des premiers visiteurs potentiels de l’île : ses habitants.

Publié le 7 juillet 2026

C’est l’objectif de l’étude conduite par le Groupe Élan pour l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte. La méthodologie retenue comprend les deux phases suivantes :

  • Dans un premier temps, une étude qualitative. 4 focus groups réalisés aux 4 coins de l’île afin d’être au plus près la population et d’échanger sur le tourisme en convivialité.
  • Dans un second temps, une étude quantitative. Un questionnaire grand public destiné aux résidents a été largement partagé afin de mieux connaître les résidents de Mayotte et leur rapport au tourisme.

 

  • 39 participants aux 4 focus groups
  • 322 réponses qualifiées à l’enquête grand public

Un marché bien réel, mais encore insuffisamment activé

Contrairement à certaines idées reçues, les mahorais pratiquent déjà des activités de loisirs sur leur territoire. Plus d’un résident sur deux déclare sortir au moins une à trois fois par mois, tandis que près des deux tiers se déplacent au-delà de leur commune pour leurs activités.

Le « voulé » demeure l’activité emblématique de la vie locale, devant les événements culturels et les sorties au restaurant. Ces résultats confirment que le tourisme intérieur existe déjà, mais qu’il repose principalement sur des pratiques conviviales et accessibles plutôt que sur une consommation touristique classique.

L’étude révèle également un potentiel économique non négligeable : 72 % des répondants dépensent plus de 20 euros par personne lors d’une sortie et près de quatre sur dix dépassent les 50 euros.

Budget, sécurité et information : le trio des principaux freins

Si la demande existe, elle se heurte à trois obstacles majeurs.

Le premier reste le coût des activités. Pour 47 % des répondants, le budget constitue le principal frein aux sorties, une difficulté particulièrement marquée chez les familles, pour lesquelles le coût est rapidement multiplié par le nombre de participants.

L’insécurité arrive immédiatement derrière, citée par 45 % des résidents. Elle influence fortement les habitudes de loisirs, limite les sorties nocturnes et freine la découverte de certains espaces naturels.

Enfin, l’étude met en évidence une véritable fracture informationnelle. En l’absence d’une source d’information fiable et centralisée, les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille restent les principaux canaux d’information.

  • 55% des résidents sortent au moins 1 à 3 fois par mois
  • 72% des répondants dépensent +20€ par jour et par personne pour des sorties

Une forte attente d’expériences locales

Au-delà des activités de loisirs, les résidents expriment une volonté de redécouvrir leur territoire. Le projet de village de loisirs arrive largement en tête des attentes exprimées, preuve d’un besoin de lieux de convivialité accessible et sécurisé. Par ailleurs, plus d’un résident sur deux se déclare prêt à participer à des ateliers valorisant les savoir-faire locaux : cuisine traditionnelle, artisanat, agriculture ou découverte du patrimoine.

Ces résultats montrent que les habitants ne souhaitent pas seulement consommer des loisirs ; ils veulent également être associés à la valorisation de leur identité culturelle.

Le résident, premier ambassadeur de la destination

L’étude souligne enfin un enjeu souvent sous-estimé : la relation entre tourisme intérieur et attractivité extérieure.

Près de la moitié des résidents se déclarent déjà prêts à recommander Mayotte à leur entourage. Plus encore, 81 % estiment qu’une offre de loisirs plus développée les inciterait à passer davantage de vacances sur l’île plutôt qu’à voyager à l’extérieur.

Autrement dit, investir dans le tourisme de proximité ne répond pas uniquement à une logique économique. C’est aussi un levier de fidélisation des habitants, de cohésion sociale et de promotion de la destination.

 

Cette étude constitue ainsi une base de travail précieuse pour repenser le développement touristique de Mayotte. Elle rappelle qu’avant d’être une destination pour les visiteurs extérieurs, un territoire doit aussi être un lieu où ses habitants ont envie de découvrir, de partager et de vivre des expériences.

Le tourisme intérieur apparaît désormais non plus comme un marché complémentaire, mais comme un véritable pilier du développement touristique durable de Mayotte.