Une culture riche en tradition

A Mayotte, la religion musulmane est présente dans tous les aspects de la vie. Les premières traces de l’islamisation de l’île remontent au 9e siècle après J-C et aujourd’hui, la majorité de la population de l’île la pratique.

Ainsi, avant le lever du soleil (entre 4 h 30 et 5 h), les hommes se rendent dans les mosquées (la plupart des habitations sont à moins de 10 minutes à pied d’un lieu de culte) pour y effectuer la première des cinq prières qui rythment la journée.

Les enfants se rendent dans les madrassas (écoles coraniques), avant ou après l’école républicaine laïque pour y recevoir un enseignement religieux. A Mayotte, l’islam n’est pas seulement une pratique religieuse, c’est un mode de vie. Tous les événements, petits et grands, sont accompagnés de pratiques religieuses.

Une invocation n’est jamais de trop pour s’attirer les grâces d’Allah, que vous partiez en voyage, que vous inauguriez votre maison, que vous organisiez un
mariage, que vous passiez un concours professionnel ou tout simplement que vous quittez votre domicile pour la journée. Ne soyez donc pas surpris d’entendre les Mahorais ponctuer leurs phrases par l’expression « Inch’Allah » ou son équivalent mahorais « Neka mungu a vendze » (si Dieu le veut) !

Pour se jouer du mauvais œil, certains enfants arborent autour de leur cou « un hirizi », un talisman dans lequel sont enfermés des versets du Coran et de nombreuses maisons ont au-dessus de leur porte d’entrée des feuilles de papier pliées sur lesquels figurent des prières de protection.

Mais comme Mayotte est une terre de métissage, l’islam mahorais cohabite parfaitement avec les autres pratiques religieuses. Il lui arrive même de se mélanger avec certaines d’entre elles. C’est le cas notamment de certaines cérémonies de désenvoûtement tel que le « roumbou », d’origine malgache ou encore les « ziara » (lieux de commémoration des ancêtres, pratique d’origine animiste).

Cette dimension omniprésente de l’islam est encore plus exacerbée lors du mois sacré de ramadan. Tout est organisé pour que les croyants puissent vivre au mieux ce mois de fête. Les magasins et administrations décalent leurs horaires de fermeture pour laisser le temps aux familles de préparer le foutari (repas de rupture du jeûne).

Les activités profanes tels que les concerts ou les balades à la plage sont mis en suspens et la manifestation de la foi se concrétise par la reprise à haute voix des versets du Coran lors de la prière nocturne du « tarawihi ».